Entre deux périodes de confinement, Juan et moi avons arpenté les rues de Tashkent en quête d’un musée ouvert. La chance nous a souri un jour de canicule particulièrement féroce sous la forme du Musée des Arts appliqués de Tashkent (Amaliy San’at Muzeyi), situé en plein milieu du quartier des ambassades.
Aujourd’hui, je vous propose donc un itinéraire agréable et permettant d’échapper à la chaleur écrasante de l’été ouzbek, centré autour de quelques attractions intéressantes de Tashkent et dont l’apogée se présente sous la forme du splendide Musée des Arts appliqués:

Cette histoire commence donc au Théâtre national Alicher Navoï. Construit dans les années 1940, en partie par des prisonniers de guerre japonais, et rénové en 2015, ce théâtre élégant de briques jaunes et de marbre est l’illustration parfaite de l’architecture ouzbèke.

En effet, ce bâtiment, qui a été témoin de la naissance de l’opéra ouzbek en 1939, est orné de gracieuses arabesques de marbre et motifs rappelant le monde végétal, ainsi que de muqanas (décorations en creux) typiques de l’architecture locale. Ce bâtiment a néanmoins un certain air européen qui lui est donné par certains détails qui rappellent une architecture plus européenne, comme ses balcons de pierre et autres décorations ressemblant à des gargouilles.
Et s’il fait un peu chaud quand vous viendrez visiter l’Ouzbékistan (35 à 40°C entre juin et août), n’hésitez pas à vous poser un moment sur un banc autour de l’impressionnante fontaine du théâtre. Cela vous permettra de prendre l’air frais et d’admirer sa décoration sur le thème du lotus (ou d’un bulbe de fleur en tout cas).
Quand vous aurez fini de vous prélasser au frais, il suffira de traverser la rue Islam Karimov – précédent et premier président de l’Ouzbékistan – pour rejoindre l’ombre bienvenue du parc des cosmonautes. Je l’appelle comme ça, parce qu’il est à côté de la station de métro des cosmonautes, mais je n’ai aucune idée du nom de cet endroit…





Bref, dans ce parc, fini le classique et l’élégant, on passe sans transition dans le royaume du bizarre et de la science fiction. Dans ce parc, vous trouverez des attractions quelque peu étranges, comme ces bancs qui ressemblent à des capsules spatiales, ou cet arbre-coupole sûrement inspiré du film Avatar. En général, cet endroit me rappelle beaucoup mon court séjour à Shymkent, ville kazakhe à la frontière avec l’Ouzbékistan, où les monuments et décorations urbaines faisant l’éloge de la nation semblent avoir été récupéré d’une autre galaxie…
Comme, quoi, en Ouzbékistan, il y en a pour tous les goûts! 😉


Cependant, pour ceux qui préfèrent revenir à des considérations plus… terrestres, il suffit de traverser le parc jusqu’à l’entrée de la station des cosmonautes et de s’engager dans le rue Yunus Rajabiy. Après une marche de quelques minutes, il faudra prendre la rue Rakatboshi, à gauche, pour entrer dans le quartier des ambassades et arriver jusqu’au musée. La première ambassade que vous rencontrerez est la très imposante ambassade du Royaume d’Oman, tellement monumentale que je n’ai pas pu la prendre en photo. Mais si vous voulez avoir une idée de son style, tapez “Temple de Salomon, São Paulo” sur Google, je trouve que les deux bâtiments sont assez semblables… Dans ce quartier, un peu éparpillé, vous rencontrez aussi l’ambassade de la Finlande, de l’Algérie, du Japon, mais aussi… la représentation du Tatarstan (?).

Après avoir admiré les bâtiments diplomatiques de Tashkent, il est grand temps d’entrer dans le somptueux Musée des Arts appliqués. Aussi fondé à l’époque soviétique, ce musée a pris pour résidence l’ancienne maison d’un diplomate russe, Alexander Polovtsev, qui a fait appel à différents artisans locaux pour décorer sa demeure selon le style local. Le résultat: une oeuvre absolument splendide. Je dirais même, encore plus élevée que les attractions extraterrestres du parc des cosmonautes!


Dans la première aile du bâtiment, les visiteurs du musée peuvent admirer une série de tapisseries et autres oeuvres textiles décorées selon les savoir-faire locaux: broderie ou teinture. Ensuite viennent les instruments de musique décorés de nacre et le mobilier de mariage.





Le Musée des Arts appliqués de Tashkent expose aussi toute une série de poteries, vaisselle en porcelaine, objets en bois sculpté et autres ustensiles et contenants de la vie de tous les jours en métal et ornés de motifs décoratifs raffinés. Autant de preuves du raffinement et de l’ingéniosité de l’artisanat local.



Mais le clou du spectacle est vraiment le centre du musée. Façonnées par la main experte d’artisans du XIXe siècle, venus de tous les recoins de l’Ouzbékistan: Boukhara, Samarcande, Fergana, etc., la maison d’Alexander Polovtsev est une vraie merveille dont il est difficile de détacher les yeux.




Sur ce, j’espère que cette visite virtuelle du centre de Tashkent aura vous aura distrait un peu dans cette période difficile, mais surtout, qu’elle vous aura inspiré à venir découvrir les merveilles de l’Ouzbékistan quand la situation générale sera calmée.
Mais en attendant de pouvoir voyager, quelques mots d’encouragement de la part de l’Opéra national de l’Ouzbékistan:









