Une fête de la musique au rythme de l’Asie centrale

La fête de la musique est un événement extraordinaire à passer à Paris. Quand les rues étriquées de la ville se transforment en scènes de fortune pour qui veut animer la soirée de ses créations. Que chaque coin et recoin de la ville offre aux passants de nouvelles mélodies enjouées. Que restaurants et terrasses proposent leurs musiciens venus des quatre coins du monde.

Et justement, un de ces coins de monde, l’Asie centrale, en a long à raconter sur la musique. Alors cette année, fêtons l’été et la musique au rythme de l’Asie centrale!


Kazakhstan: un pays à la voix qui porte

SOS d’un terrien en détresse, Dimash Qudaibergen

Célèbre chanteur et parolier kazakh, Dimash Qudaibergen est né dans une famille de musiciens. Il a fait ses débuts sur scène dès l’âge de deux ans. Son professeur de musique a en effet rapidement remarqué que son élève était doté d’une oreille musicale exceptionnelle.

Depuis, Dimash Qudaibergen a parcouru le monde, de la Slovénie à la Chine, où il est devenu une vraie star. Le chanteur kazakh a déjà lancé deux albums. Il chante aussi en treize langues différentes, dont le français, comme on peut le voir avec cette interprétation de la chanson “SOS d’un terrien en détresse” de Daniel Balavoine.

Kirghizstan : les effets bénéfiques de la danse traditionnelle kirghize sur la santé

Kara Jorgo, Asel Kasmakunova et Kubanichbek Esenbaev

Avant de partir pour un mini tour de l’Asie centrale, en 2019, j’ai tenté d’en apprendre plus sur la culture des pays que j’allais visiter : KazakhstanOuzbékistanKirghizstan. Je suis donc tombée sur ce vidéo clip kirghiz, intitulé Kara Jorgo.

Kara Jorgo, ou étalon noir en français, caractériserait à la fois le nom de la chanson présentée ici, ainsi qu’un type de danse traditionnelle kirghize. Méfiez-vous ce mouvement enjoué d’épaules semble a priori facile à apprendre, mais pas du tout! Quoi qu’il en soit, une étude menée au Kirghizstan prouverait que le Kara Jorgo peut servir de cure pour les patients souffrant de problèmes pulmonaires.

Ouzbékistan: un dilemme entre tradition et modernité

Lazgi

Lazgi Afsonasi (légende du Lazgi), Hulkar Abdullaeva

Plus à l’ouest cette fois, dans la province ouzbèke du Khorezm, les élégants mouvements de bras et d’épaules sont agencés pour représenter la nature environnante. Chaque mouvement a son propre nom : mouette, caille, bataille de coqs, pêcheur, etc.

Le nom générique pour qualifier ce style de danse traditionnelle est « lazgi » et se décline en plusieurs branches, toute émanant de l’école khorezmienne. La magnifique légende qui entoure cet art raconte que, quand les êtres humains furent créés, la lumière, sensée constituer leur âme, avait peur d’entrer dans leurs corps, d’où émanait une ombre. C’est donc grâce à la musique que la lumière habita enfin les coprs, créant ainsi l’âme humaine.

La danse traditionnelle du lazgi inspire maintenant nombre de chorégraphie, ancienne ou contemporaine, en Ouzbékistan et ailleurs.

Pop ouzbèke

Tentakcham, Xamdam Sobirov

Xamdam Sobirov est la grande star de la pop ouzbèke. Et en parlant de tradition, ici, il interprète une chanson relatant la déception d’un jeune homme témoin de l’exode rural de sa fiancée à Tachkent. Le titre de la chanson?  Tête de linotte (Tentakcham)!

À travers le vidéo clip, l’on voit la jeune femme partir faire ses études à Tachkent, couper ses longs cheveux en un carré moderne, adopter de nouveaux habits, et même oublier son bien aimé, resté à la campagne. Mais heureusement, l’histoire se finit bien!

Tadjikistan: la danse, l’âme de la nation

Gul Ba Ruit, Nigina Amonqulova et danseuses Niloufar Dadikhuda et Amyna Kanji

Au Tadjikistan comme en Ouzbékistan, la danse traditionnelle varie selon la province et fait partie de toutes les étapes de la vie : naissances, mariages, funérailles, etc. De même qu’en Ouzbékistan, certains mouvements miment des professions (tisseurs de tapis) ou des éléments de la nature.

Une légende tadjike sur la danse dirait même que Dieu a façonné de l’argile pour créer l’homme, mais que ce n’est qu’à partir du moment où il utilisa la musique que son âme se réveilla.

Turkménistan: la musique en tant que reflet de la société

Chérie arrête (Devoshka stop), Arsen Shakhunts

Né en République socialiste soviétique turkmène, Arsen Shakhunts est un chanteur et musicien d’origine arménienne. Sa chanson « Chérie, arrête » est un incontournable de l’été en Asie centrale, ainsi qu’une chanson idéale pour améliorer ses compétences en russe au karaoké!

Dans son œuvre, Arsen Shakhunts décrit une femme presque parfaite, dont le seul défaut est son caractère. Cette chanson est particulièrement intéressante pour en apprendre plus sur la culture matrimoniale en Asie centrale. En effet, les caractéristiques principales avancées par le chanteur pour décrire la compagne parfaite, une femme « à la posture aristocratique, talentueuse et pleine de tact », sont exactement les mêmes que celles utilisées sur les groupes et sites de rencontre matrimoniaux dans la région.


Joyeuse fête de la musique à tou.te.s!

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